UNE FORMATION DE L'A.F.A. AU BUDO CLUB SAMOURAÏ

Le Budo Club Samouraï a été, le 23 mars 2002, le théâtre d’un stage de l’AFA réservé aux professeurs d’Aïkido, aux moniteurs ADEPS et aux ceintures noires qui souhaitent se perfectionner ou se lancer dans l’enseignement de la Voie.

Bernard Palmier, 6ème Dan Aïkikai, enseignant en France et de mieux en mieux connu en Belgique puisqu’il a déjà animé plusieurs stages dans notre pays, a assuré cette journée de formation.

Les participants, 53 ceintures noires et professeurs de dojos de toutes les provinces ont travaillés dur pendant cette journée qui avait pour objectif l’ouverture vers de nouvelles pistes pour l’enseignement de l’Aïkido.

C’est donc de pédagogie qu’il a été question plus que de techniques au sens strict. A l’expérience, tous les professeurs savent qu’entre une technique bien maîtrisée par le titulaire du cours et son acquisition par les pratiquants il y a un énorme travail de communication qui repose sur le savoir mais aussi la confiance, le respect, l’enthousiasme et l’empathie avec le pratiquant.

Le thème du cours de Bernard Palmier était consacré au sens de l’attaque Ushiro Katate Dori.

Il fallait faire comprendre pourquoi on en arrive à se lancer dans cette attaque arrière alors que, esprit martial oblige, les pratiquants ont coutume de se faire face, prêts à engager une action sans traîtrise. L’attaque par l’arrière semble a priori sournoise et plus du ressort des comportements d’agression que du sens de l’honneur du Bushido.

Tout pratiquant sait que Tori baisse sa garde pour obliger Uke à une attaque Ushiro et ainsi effectuer un mouvement. Parfois c’est Uke qui baisse la garde de Tori et se lance dans l’attaque Ushiro dont finalement Tori profitera pour faire son mouvement.

Bernard Palmier a été plus loin et a démontré que la relation Uke/Tori ne se fige pas mais que dans l’instant, le passage d’une fonction à une autre peut s’opérer. Entre les deux pratiquants s’établit une relation dynamique, une sorte de respiration harmonieuse qui fait que, dans le moment infiniment bref d’un mouvement, quelque chose se crée entre deux pratiquants qui est bien plus que l’addition de leurs deux savoirs.

Le professeur a aussi démontré que l’attaque Ushiro Katate Dori s’effectue en fait « dans la ligne ». Réduire cette attaque à une sorte de cercle effectué autour de Tori est réducteur même si c’est sans doute plus facile à comprendre par un pratiquant débutant.

Au terme de cette première partie du cours, les participants se sont retrouvés pour un déjeuner sympathique dans un établissement du quartier. On ne dira jamais assez combien ces petits moments informels renforcent l’entente au sein d’un groupe. C’est donc avec les meilleures dispositions que les pratiquants ont rejoint le dojo pour la poursuite du stage.

L’après-midi a été consacrée à des applications sur l’attaque étudiée au matin. Irimi et Kote Gaïshi avec saisie d’une ou des deux mains et des déplacements différents selon le cas. Ici, l’enseignement s’est attaché à montrer qu’il fallait respecter la contrainte que représente la

 

saisie de la deuxième main. Le pratiquant ne doit pas focaliser son attention sur la première mains saisie seulement.

La journée a été clôturée par du Ju Waza où les pratiquants ont été invités à fixer pour eux- mêmes les objectifs de la journée.

Bernard Palmier s’est déclaré disposé à revenir en Belgique pour nous faire profiter de son savoir. Chacun a apprécié à sa juste valeur l’enseignement qu’il a reçu et modestement a constaté que l’Aïkido est une longue voie sur laquelle il n’a pas fini de s’avancer et de faire des découvertes.

Odette Gillet et Philippe Wyckaert, Pour le Budo Club Samouraï