A LA RENCONTRE DE NOS CLUB ( BUDO CLUB SAMOURAÏ )

Parlez nous un peu de vous : a quel moment avez-vous été embarqué dans cette aventure qu’est l’aïkido et quel a été votre parcours sur les tatamis ?

Ma première idée était de pratiquer le judo, un ami m’a amené en septembre 1967 au Budo Club Samouraï chez Maitre Barbé pour un cours d’essai. Par curiosité, j’ai assisté au cours suivant : un cours d’Aïkido, cela m’a interpellé, je me suis inscrit et dés lors je n’ai plus arrêté de pratiquer. J’ai présenté mon premier Dan en 1973, ai poursuivi mon parcours et présenté tous mes grades jusqu’au quatrième Dan au Collège National des Ceintures noires. J’ai été élevé au grade de cinquième Dan national par la commission fédérale des grades de l’AFA en 2000. Je suis Moniteur ADEPS depuis 1981

Q. Quels sont les professeurs qui vous ont permis d’évoluer ?

Comme disait Maître Nocquet, je ne fais que passer dans votre vie et votre véritable professeur est celui qui vous enseigne régulièrement. Mon professeur, Maître Barbé à qui je dois tout, la vérité simple, le réalisme et la logique de sa conception des arts martiaux disait : On ne vient pas ‘’ acheter un cours d’aïkido’’ mais on vit un enseignement auprès et avec son maître.

A l’époque, il n’avait pas autant de diversités dans les Sensei dirigeant les stages que maintenant.
A partir du grade de premier Kyu si mes souvenirs sont bons, nous pouvions tous les samedis, suivre les cours chez Maitre Jean André assisté de Maitre Henri Poels, homme de Budo, avec notamment quelques hauts gradés actuels de l’AFA. A cette époque, j’ai rencontré divers Senseï tels que Tamura, Koichi Tohei, Kirokazu Kobayashi, mais le plus grand enseignement que j’ai suivi ainsi bien en Belgique qu’à l’étranger est celui de Maitre André Nocquet. C’est lors d’un de ses stages à Autrans, que j’ai rencontré des pratiquants qui évoluaient très différemment sur les tatamis : c’était des élèves de Christian Tissier Sensei. Intéressé, fin des années 70, je suis descendu à Paris suivre un de ses cours dans son dojo à Vincennes. Cela m’a laissé entrevoir une autre approche de l’Aïkido.

Votre club a plus de cinquante ans d’existence, raconter nous un peu son histoire, de sa gestion et de ce qui fait sa longévité.

Le Budo Club Samouraï à été fondé en 1958 par Maitre Léon Barbé. Également judoka, il a pratiqué avec les maîtres de passages en Belgique tel que Tadashi Abe et surtout Aritomo Murashige Sensei. En 1987 arrivé à l’âge de la pension, Maître Barbé quitte Bruxelles pour la province et me cède le club, que je reprends en tant que professeur et gestionnaire des trois sections avec l’appui des professeurs de Judo et de Tai-Jitsu. C’est dans cet esprit de respect, de convivialité et d’acceptation enseigné par son fondateur que le Budo club samouraï malgré l’obligation de deux déménagements a le mérite de toujours exister. Entre temps, le club à pris la forme d’une ASBL et est géré par des administrateurs.

Quelles sont les motivations qui vous ont amené à rejoindre notre fédération en 1992 ?

Mon premier contact avec un responsable de l’ACBA a été celui de Dany Leclerre que j’ai côtoyé lors des premières discussions pour l’élaboration des bases de la formation ‘’moniteurs ADEPS’’ fin des années 1970, à divers stages par la suite et à l’examen de moniteur ADEPS en 1981 devant SUGANO Sensei.

 

Comme l’AFA est la seule fédération officielle reconnue par l’ADEPS, et que de l’un de mes élèves souhaitait participer au cours ADEPS, Dany a intercédé auprès des responsables de l’ACBA qui ont accepté que cet élève participe aux cours.

De part l’ouverture d’esprit de ses dirigeants, des échos positifs reçus, du sérieux de l’enseignement dispensé et de ses structures, j’ai été amené à rejoindre en 1992 la fédération en toute connaissance des clauses d’admission et en acceptant sa position concernant la reconnaissance des grades des mes élèves.

Que représente l’aïkido pour vous, quelle valeurs éducatives essayer vous de promouvoir auprès de vos élèves, qu’aimez vous dans le fait d’être enseignant ?

En tant que jeune pratiquant on reçoit, ensuite on apprend à donner. En tant qu’enseignant, on donne puis on apprend à recevoir. Que de satisfaction des premiers pas gauches du débutant au rendu d’un Tai Sabaki fait correctement.
Je crois humblement qu’avoir le souci des autres et de tenter de donner à tous la possibilité de développer la meilleur part d’eux même est un but magnifique !

Selon vous quelles qualités ont les pratiquants les plus actifs de votre club, parlez nous un peu de vos assistants ?

Mes assistants qu’une longue amitié unit, et plus particulièrement Odette et Christophe qui ont suivi la formation ADEPS participent à de nombreux stages .Dés leur retour au dojo, ils essayent de transmettre une nouvelle approche des mouvements. Cette richesse d’échange et de sensibilité différente, apporte un plus indéniable aux pratiquants. En tant que professeur, je pense que savoir déléguer dans le respect de l’autre est important pour la continuité du club et son évolution. Je peux également toujours compter sur mes autres anciens gradés tels que Hugues et André.

60 ans ont déjà sonné à l’horloge, quel sont vos projets et quel regard portez vous sur le monde des arts martiaux ?

Le projet le plus important est celui de perpétuer les valeurs de l’Aïkido, d’enseigner avec la même envie et sans contrainte et de contribuer au développement de notre club dans cet esprit martial avec la génération montante.
Bien que m’étant toujours intéressé au monde des arts martiaux je ne peux parler que de l’Aïkido. Je reconnais que l’évolution de la pédagogie et de la méthodologie a enrichi l’enseignement, principalement dans l’importance de la présence de l’uké et la recherche de l’échange d’harmonie avec son partenaire.

Propos recueillis par Me Odette GILLET, secrétaire Générale de l’AFA